Il y a celui qui est assis devant, tout devant et qui regarde le livre comme s'il allait prendre vie.
Probablement d'ailleurs, qu'il prend vie à ses yeux.

Il y a celle qui est calée contre un coussin et qui se laisse bercer par la voix, le rythme de l'histoire.
Elle passera une petite heure endormie contre le crocodile en peluche.

Il y a celui qui joue derrière avec un camion ou une dinette et qui jette un coup d'oeil de temps en temps.
Et il arrête ses mouvements à chaque rebondissement de l'histoire.

Il y a celui qui voit pas. Il est devant, il pousse un peu un autre, il voit rien, il voit pas ça va pas.
J'ai pas encore levé le livre, c'est peut être pour ça.

Il y a celle qui est assise au bout de la couette et qui sans s'en rendre compte avance au fur et à mesure.
Elle finira une main sur mon genou.

Il y a celle qui me propose un livre, celui-là et pas un autre, à la fin de chaque album. Promis on le lira à la fin.
On l'a lu à la fin.

Il y a celle qui a tout écouté. Qui a ramassé tous les livres que j'ai lu. Et qui me les pose d'autorité entre les mains.
Faut relire.

Il y a celui qui vide les caisses. Tous les livres, un à un, évacués du contenant.
Et puis il s'assoit tranquillement dedans.

Il y a ces petites mains, tous les jours sur les livres.

Petite main bleue

C'est chouette.