Les Mots d'Ève

09 octobre 2018

Marlaguette

On a tous un livre "c'est toute mon enfance !!"
Une sorte de madeleine de Proust.
Un album qui nous a accompagnés, qui nous a marqués.
En général, on l'a encore quelque part à la maison, on l'a lu à nos enfants.
Il est un peu corné, il a vieilli mais on est toujours ému quand on le recroise.

Moi, mon livre c'est Marlaguette.
Parce que c'est un loup
Parce que c'est une gamine qui court les bois.
Parce qu'elle s'appelle Marie-Olga.
Parce qu'il y a de la tisane et des baies.
Parce qu'il est long mais pas tant.

Marlaguette, plaisir et tristesse

J'ai adoré l'histoire qui hésite entre conte et réalité.
J'ai aimé les illustrations un peu vieillotes, un peu datées mais poétiques.

Marlaguette, c'était fade

Et puis un jour, j'ai appris qu'il avait été réédité et qu'on avait demandé à un nouvel illustrateur de le mettre en image.

Horreur, enfer, damnation, j'étais vent debout !!
Comment ça, on touche à MON livre, à MON enfance ?!
Ca va pas non??

Et puis, bon je suis têtue mais pas tant.
Alors au détour d'une librairie, je me suis approchée de l'objet du délit.
Et j'ai eu la larme à l'oeil.

Mon livre de "quand j'étais petite" était illustré par un de mes auteurs préférés "de quand je suis grande".

Olivier Tallec, l'artiste qui sait faire des poèmes avec ses dessins, l'homme qui fait se serrer les coeurs avec des couleurs, des inclinaisons de sourcils, des personnages loufoques, tendres, le dessinateur que j'admire tant a mis des images sur l'histoire qui m'a accompagnée pendant des années.

Marlaguette, végétarien

Et c'est beau.
C'est lumineux.
C'est chaud.
C'est aux antipodes du premier et pourtant je retrouve les mêmes émotions.

Marlaguette, dorloté

Alors maintentant en atelier, je sors les deux.
C'est intéressant pour les enfants et pour les adultes de voir qu'un livre change, grandit, mue.
Chacun a son préféré, chacun a une émotion différente.
Moi, je suis ravie avec mon Marlaguette au carré !

Marlaguette, lapin

 

Marlaguette
Conte de Marie Colmont
Illustré par Olivier Tallec
Aux éditions Père Castor

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04 octobre 2018

Instagram, pic et pic et colégram ...

Dans la vie de tous les jours, j'aime lire, j'aime raconter, j'aime pâtisser, j'aime tricoter et j'aime prendre en photo tout et n'importe quoi !

Mon chat
Gluten


Mes envies d'achat 
Y a un loup !


Mes gourmandises
Rochers coco


Ma fille
Noée


Ma ville
Lyon

 
Mais aussi mon travail ...
Trier



Alors voilà, il y a un p'tit nouveau, le super compte instagram Les Mots d'Eve pour découvrir l'envers du décor, les lieux magiques où je lis, les livres que je choisis, tout quoi ou presque !

https://www.instagram.com/lesmotsdeve/

Papa, maman, la crèche et moi

 

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03 septembre 2018

Et cet été, tu as fait quoi ?

LA question inévitable de la rentrée:

- Et toi? Cet été, tu as fait quoi ?
- Moi?! 

J'ai soigneusement fait semblant d'éviter les librairies, surtout les rayons jeunesse.
Enfin ...
J'étais en vacances, alors j'ai pas vraiment acheté mais j'ai beaucoup fait de photos de couvertures pour "plus tard", pour quand je serai plus en vacances, pour quand le thème sera propice, pour quand j'aurai une excellente excuse pour craquer

Et puis bien sur, j'ai lu.
Des livres de grands.
Enfin ...
Des livres de Marie-Aude Murail et de Taï-Marc Le Thanh, des livres merveilleux que tout le monde  peut devrait lire.

Donc, j'ai lu la série Sauveur & fils de Marie-Aude Murail aux éditions L'école des Loisirs et je suis tombée sous le charme de tout le monde:
- Sauveur le psy charmant sans le vouloir, dévoué, débordé, maladroit mais habile
- Lazare, le fils, boudeur, rieur, chahuteur, tendre, naïf, joueur
-  Paul, le meilleur copain, le confident, celui avec qui on imagine tout et n'importe quoi
- Louise, l'amoureuse, la blessée, celle qui se reconstruit, celle qui râle, celle qui rit, celle qui materne, celle qui s'écoute
- Gabin, l'ado par excellence entre souffrance et nonchalance, entre douleur et réconfort
- Et puis Ella, Margaux, Cyrille, Alex, Charlie, Blandine, Maïlys, Mr Kermartin, Me Germain et les hamsters.

Sauveur et fils

J'ai adoré suivre les péripéties de la famille Sauveur, les efforts de tous les patients, la lignée de hamsters et la petite note à la fin de chaque roman signalant que l'auteure est bien consciente que sur la couverture il s'agit d'un cochon d'inde.
Ce sont des romans à lire quand tout va bien, à lire quand on est suivi par un psy ou que son enfant est suivi.
Ce sont des livres à dévorer pour rire un bon coup, pour pleurer une bonne fois, pour réfléchir pour de bon.
Ce sont des ouvrages à conseiller, à offrir, à faire voyager.

 

Et puis, j'ai lu (mais j'ai pas fini tous les tomes alors chut pas de spoilers !!) la série Jonah de Taï-Marc Le Thanh aux éditions Didier Jeunesse et je suis tombée sous le charme de tout le monde 
- Jonah, sa douceur, son humanité, son optimisme, son ouverture d'esprit, sa résilience
- Mr Simon, son inquiétude, sa retenue, ses silences, sa mémoire
- Alicia, sa force, son silence, ses sourires
- Steve, Phillipus et Robert, leur amitié, leurs idées, leur intrépidité
- Et puis Willie, Malcom, Voix A et Voix B, Adam, Véra, Dr Wilbur, Draco, l'ours et mille autres personnages

Jonah

Taï-Marc Le Thanh a l'art et la manière de rendre éminemment humain chacun de ses personnages. On suit avec plaisir les aventures des héros mais on attend avec encore plus de délices les péripéties et les interventions des personnages soit disant secondaires mais qui donnent une vie et une réalité aux romans.
Ce sont des romans à lire à voix haute pour jouer avec les émotions, avec les intonations, pour pouffer ou frissonner avec son auditoire.
Ce sont des livres à dévorer pour s'attendrir devant 4 rangées de dents, un ours polaire et un évadé de l'asile.
Ce sont des ouvrages à proposer à vos enfants, à vos voisins, à vos amis pour répandre de l'amour et de la bienveillance sans niaiserie.

 

Sinon cet été, j'ai tricoté, pris des photos de montagnes, mangé des glaces, porté des robes et sauvé des faucheux !

Photo de montagnes

Et vous? Vous avez fait quoi cet été?

 

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12 février 2017

Savoir se séparer ...

Dernièrement, au rythme de mes pérégrinations dans des crèches et des relais d'assistantes maternelles, le thème de la séparation (temps que les enfants et parents passent loin les uns des autres et non pas le divorce) est revenu à maintes reprise.

La séparation, vaste thème que l'on peut aborder sous plusieurs angles.

On peut commencer par lâcher quelques affaires pour avancer plus librement comme le fait Nénègle en s'élancant du haut de sa montagne et en lâchant au fur et à mesure, sa tétine, son biberon, son beau camion rouge et finalement son doudou ... Petites ou grandes séparations qui aident à grandir. 

Nenègle sur la montagne
Benoît Charlat
Ed. Loulou & Cie

On peut aussi s'éloigner un peu et prendre le temps. Aller et revenir. Faire quelques pas et venir se réfugier au chaud quand ça fait trop peur. Et savoir que le retour est possible permet de partir toujours un peu plus loin en toute confiance. Devenir grand en douceur.

Moi, je vais là !
Sabine de Greef
Ed. Pastel

Se séparer c'est aussi passer la journée loin de papa et maman, vivre sa vie, dire "au revoir, à ce soir" le matin et "me revoilà" le soir. Et tout ça tranquillement, car quand Papa et Maman partent le matin, c'est sur et certain, ils reviennent le soir nous chercher.

A ce soir !
Jeanne Ashbé
Ed. Pastel

Il arrive aussi que la vie nous éloigne un peu plus longtemps. Un déplacement pour le travail, un voyage et l'on peut mettre en place un petit stratagème qui rassurera tout le monde. 4 cailloux blancs pour 4 jours sans maman. Chaque matin un caillou est enlevé et on continue à jouer, à profiter. Et quand il n'y a plus de caillou, alors maman est de retour.
Je t’aime tous les jours 
Je t'aime tous les jours
Malika Doray
Ed. Didier Jeunesse

Et puis n'oublions pas que nos enfants vont vivre leur vie tout seul comme des grands un jour et que c'est pour ce merveilleux moments que nous aidons à grandir. Alors quand une petite araignée explore le monde autour de la toile de sa maman, elle vit toutes sortes d'aventures, elle rencontre toutes sortes de danger, elle expérimente la vie avec maman qui surveille et prend soin d'elle. Et puis quand Maman la sent prête, elle lui dit que c'est son tour d'aller tisser sa toile. 

Fil à fil
Jeanne Ashbé
Ed. Pastel


Voilà un petit échantillon de livres abordant ce thème délicat.
Toutefois, vous me permettrez d'émettre une légère remarque. Quelle est la place du père dans toutes ces histoires.
A ce soir nous présente deux pères, mais dans la plupart des cas d'album jeunesse, c'est bien souvent la mère qui est représentée.
Comme si l'absence du père était normale et vécue naturellement et celle de la mère traumatisante.
Il y a donc encore du travail à faire pour que la réalité rejoigne la fiction !

 

 

 

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05 mars 2015

La belle saison ...

Dans la vie, il y a la saison des cerises ou des châtaignes et il y a aussi la saison des salons ...
J'exagère un peu mais pas tant.

Et du coup, nous sommes dans la belle saison.
Celle des auteurs en goguette, des dédicaces à tout va, des spectacles pour petits et grands, des rencontres, des expositions.
Celle des salons du livre.
Vous voulez la liste ?
D'accord.

Tout d'abord, le 07 et 08 mars, vous pouvez allez vous promener à la Fête du Livre de Bron.
Un salon du livre pour grands ET pour petits, avec des expositions pour les grands ET pour les petits. 
Et même cette année, un espace dédié à la jeunesse, un coin rien que pour eux, le luxe quoi ...
Et vous rencontrerez qui?
La maman de Pomelo, Ramona Badescu et aussi la talentueuse Lucie Albon et ses peintures empreintes.
Et puis, Timothée de Fombelle, et puis Raphaelle Moussafir, et puis Gérard Lo Monaco et puis plein d'autres !

Ensuite, c'est pas un salon mais ça vaut le coup d'oeil, je vous propose d'aller faire un tour à la librairie A titre d'aile pour regarder la belle exposition autour du nouvel album de Sylvain Coissard, "Les (vraies) histoires de l'art, le retour ". 
Toute la folie, la loufoquerie de Sylvain Coissard au service de l'art et du lecteur !! 
Du 28 février au 31 mars.

Et puis bien sur, à la fin du mois, la Fête du livre jeunesse à Villeurbanne.
Ma préférée, même si je ne suis pas d'accord avec tous leurs choix. N'empêche, c'est toujours un beau moment magique.
Alors, il y aura Delphine Perret, Benjamin Chaud, Adrien Albert, Emmanuelle Eeckhout, Gilles Bachelet, Magalie Le Huche, Michaël Escoffier et plein d'autres ...
L'équipe du Bocal, des expos, des dédicaces, des rencontres, des spectacles.
Et vous !

Et en même temps, vous pouvez allez enquêter au Quai du Polar, profiter du Printemps du livre de Grenoble, ou fureter dans Lyon pendant le Printemps des petits lecteurs ...

 

Bref, qu'il giboule ou qu'il fasse grand beau, vous avez de bonnes raisons de mettre le nez dehors!

 

 

 

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10 juillet 2014

Lecture au grand air !

Les projets d'été se suivent et ne se ressemblent pas ...

Pas de duo cette année, mais toujours des livres, toujours une tente, toujours dans mon joli quartier de Gerland à Lyon.
Et quelques activités manuelles.

Mais pour cela, il faudrait que la météo soit avec nous!

L'année dernière nous nous épuisions sous un soleil de plomb ...
Cette année, j'ai commencé sous quelques averses et accompagnée par des bourrasques de vent.

Mais le public est là, les sourires aussi, les petits minois attentifs, les grands fascinés.

 Au grand air !

Alors nous verrons bien ce que nous réserve l'été!

 

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15 juin 2014

Gerland en fête !!

Alors pendant un moment, mon samedi 14 juin ça a ressemblé à ça ...

Gerland en fête

 

Donc un projet dans mon planning, une affiche rigolote que je croisais dans le quartier.

 

Et puis d'un coup, ça a ressemblé à ça ....

Début d'aprem

Et pendant un long moment, je me suis dit que je serai le seul stand vide ...
Moi, mes livres et le vent ...

 

Et puis d'un coup, ça a ressemblé à ça ...

Gerland en fête lecture

Et j'ai retrouvé les belles et bonnes choses de l'été passé.
L'envie de lire sans cesse, les rires des enfants, les mains qui se tendent pour en trouver encore et encore.

 

Vivement cet été que ça recommence ...

 

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07 mai 2014

Littérature pour ado ...

Quelqu'un récemment me demandait si je lisais toujours tous les livres que lisait ma fille.
Non, bien sur.
Parce qu'elle dévore, parce que tout ne me plaît pas dans ce qu'elle déniche, parce que les suites à 15 volumes me fatiguent.

Mais je lis souvent de cette littérature jeunesse pour plus si jeune.
Parce qu'il y a une sorte d'économie.
Parce que dans ces petits romans de la collection Médium, ou chez Sarbacane ou d'autres d'ailleurs, il y a une volonté d'aller à l'essentiel et de n'épargner personne. Ni les lecteurs, ni les personnages.

Il est révolu le temps où tout est bien qui finit bien, où tout baigne dans un monde pastel parce qu'on s'adresse à des jeunes.

J'ai trouvé La chute des géants (un très bon roman historique sur la 1er guerre mondiale) parfois plus fleur bleue malgré un contexte social et historique dramatique et parfaitement retranscris, que les derniers romans pour adolescents que j'ai lu.

Il y a une nécessité à l'efficacité.

Non, ce mot ne convient pas.

Disons que les auteurs ne cherchent plus à édulcorer ou à amoindrir les souffrances, la réalité.
Comme si on réalisait qu'avoir 12 ou 15 ans, c'était comprendre le monde qui nous entoure, ressentir les douleurs de la société, avoir encore l'espoir de pouvoir changer quelque chose et se rendre compte, que parfois, non. On ne peut rien changer.

La selection du prince charmant

Alors que ce soit Meg Rosoff qui nous parle d'une guerre et de gamins qui fuient, qui s'aiment, qui subissent et qui se font rattraper par un monde d'adultes, qui ne sont ni des héros, ni des pantins, juste des mômes comme on en trouve dans nos salons; que ce soit Agnès de Lestrade qui confronte une petite soeur à la maladie, à la mort, à l'amour, aux colères, aux doutes ou que ce soit Rebecca Stead qui nous parle du collège, de la famille, de l'impossible, des querelles, des prises de conscience, des bouderies et de l'entraide, nous avons à faire à chaque fois à du concentré de vie.

Maintenant c'est ma vie

Il n'y a pas des pages entières pour nous expliquer les moindres sentiments, les moindres réflexions, nous sommes dans le vrai, dans le vif, comme dans notre vie de tous les jours.
Il n'y a pas de personnes tellement spéciales qu'elles seront forcément épargnées.
Nous prenons les sensations à bras le corps et nous partons sur le chemin avec ces impressions, sans savoir si on va dans le vrai.

Hier tu comprendras

Voilà pourquoi je lis de la littérature jeunesse.
Parce que j'ai l'impression de croquer dans la vraie vie, celle qui fait mal mais celle qui brille plus aussi.

 

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15 avril 2014

Une journée ou deux à Villeurbanne ...

Il y a eu Gilbert Legrand.
Un homme modeste qui porte bien son nom.
J'avais rarement vu autant d'humilité chez un artiste avec un tel talent.
Tout en retenue, en mesure, en douceur et pourtant de l'or dans les doigts et une imagination sans fin.
Il nous a expliqué d'une voix calme et posée son parcours depuis la publicité, en passant par les couvertures de romans et finalement l'édition jeunesse.
Il a paru surpris de tant d'admiration.
J'ai été surprise par tant de simplicité.

FLytox

Il y a eu un lapin à poil, à l'heure, les fesses à l'air descendant l'amphi à toute vitesse.
Surprenant Gérard Picot.
Amusant la galerie.
Joli clin d'oeil au livre malmené et aux angoisses de ponctualité de l'organisateur.

Il y a eu les Editions Sarbacane menée d'une main de maître par Emmanuelle Beulques.
Et l'on en apprend un peu plus sur le métier d'éditeur, sur les choix, les décisions tranchantes, les mises en avant.
Et il se dégage de cet entretien une énergie incroyable, une envie d'avancer toujours, de proposer des choses nouvelles, de promouvoir des talents.
Affleure aussi l'idée du combat, ne pas se laisser manger par le système, ne pas se laisser intimider par les obtus.
Et puis cet amour pour les auteurs, les illustrateurs, cette reconnaissance incroyable du talent.

Il y a eu Davide Cali.
Dandy urbain, auteur de génie, dessinateur à ses heures lointaines, il nous parle avec son accent chantant et son humour pince sans rire.
Il nous embarque de livres en livres, nous raconte ses rencontres, ses envies, nous explique ses histoires, nous sert sa théorie sur l'amour et les maths.
Et on a envie de lui dire qu'il a 100% de chances de nous faire craquer.

Davide Cali et Cécile Gambini

Il y a eu la chasse aux trésors de Jacqueline Valard.
Elle nous a déniché des pépites numériques, des petites merveilles à lire sur tablettes parce qu'il ne faut pas avoir peur des choses nouvelles.
Parce que le texte sur l'écran ne va pas remplacer le papier, parce que c'est n'est absolument pas un danger pour nos chers illustrateurs et auteurs.
C'est juste un outil supplémentaire, un nouveau jeu dans le square pour s'amuser encore plus.

Il y a eu l'art à travers le regard farfelu de Sylvain Coissard. 
L'oeil qui pétille, le sourire en coin et un livre absolument dément.
Il jubile en nous montrant les blagues potaches, les clin d'oeils et les anachronismes de son livre Les (vraies) histoires de l'art.
Et l'on pouffe, on rit, on sourit en revisitant les grands classique de l'art.
On s'extasie aussi devant le talent de l'illustrateur.

Sylvain Coissard

Il y a eu Joanna Concejo.
Je ne connaissais pas. Enfin si mais non.
J'avais déjà croisé son trait sur les rayons des librairies mais je n'avais jamais eu un de ses livres entre mes mains.
Il y a parfois des révélations. Et bien l'art de Joanna Concejo est une révélation pour moi.
Ses illustrations ne peuvent laisser indifférent. Elle dit elle-même qu'on aime ou que l'on déteste.
Il y a peut être un peu de ça.
Moi je suis touchée. Par la finesse du trait, par l'imagination, par ce côté enfantin mais aussi obscur.
Et comme pour d'autre, cette modestie, cette envie d'aller vers les autres, de parler de son travail, de croiser le lecteur.

Joanna Concejo

Il y a eu Les fourmis rouge, ou comment une maison d'édition peut apparaître et proposer des choses belles, nouvelles.
Le catalogue des Fourmis rouges, je le connaissais déjà et je l'appréciais.
Les auteurs fétiches, je les connaissais déjà et je les appréciais.
Mais son éditrice, je ne la connaissais pas mais je crois que je l'apprécie.
Bavarde, très bavarde, enthousiaste, parfois peut être trop mais surtout passionnée, acharnée.
Je suis bavarde alors je pardonne facilement ce travers, il m'arrive d'être passionnée alors je ne peux qu'être indulgente quand tout à coup une personne prend une place incroyable sur le devant de la scène.
Elle nous a donné à voir sa fougue, son envie, son amour du métier, son désir de toucher le lecteur, de se mettre à son niveau sans jamais baisser le niveau.

Fourmis rouges et Delphine PErret

Il y a eu Manon Jaillet venue nous présenter sa maison d'édition Ma Maison en Carton.
Parce qu'on peut éditer autre chose que des livres.
Parce qu'on peut avoir l'amour de l'illustration et vouloir que ces illustrations d'artistes soient rares mais abordables.
Manon Jaillet propose deux fois par an, une collection d'image créées en exclusivité pour sa maison d'éditions, tirées en 300 exemplaires, numérotées, signées et vendue pour une bouchée de pain.
Et puis le temps passant, Manon Jaillet et ses artistes ont proposé d'autres choses, des grandes images, des toises, des livres aussi (mais pas comme tout le monde!) ... une autre façon de voir le monde de la littérature jeunesse.
Et tout ça, avec le regard doux et apaisé des gens qui se savent dans le vrai.

maison-en-carton

Il y a eu encore tellement de choses, de gens ...
Isabelle Chatelard, professeur à l'école Emile Cohl, illustratrice, à l'écriture si spéciale, aux motifs intrigants.
Delphine Grenier, le tango, le lapin danseur.
Les livres qui voyagent.
Les courts métrages.
L'exposition de Gilbert Legrand.
Le crieur de la place publique.
Les rencontres.
Les retrouvailles.

Fou

 

Et tout un week-end de belles choses ...

 

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10 février 2014

Tous à poil !

Alors, puisque c'est le branle bas de combat ... parlons-en de ce livre.

Tous à poils de Claire Franek et Marc Daniau aux éditions du Rouergue.

Tous à poil



De très jolies illustrations.
Un procédé simple, un texte à gauche, une image à droite.
Un "tabou" qui tombe.
Après tout bébé est "à poil" très régulièrement sans qu'on lui demande vraiment son avis, pour le change, pour le bain, pour un oui ou pour un non et tout le monde s'extasie.

A poil bébé


Et bien, c'est "tout le monde" cette fois-ci qui est "à poil" !
Pour montrer qu'on est tout différents mais au final tout pareils.

A poil les voisins


Alors on est gêné ou à l'aise.
On est gros, maigre, petit, grand mais au final on est tout nu pour aller se baigner.

A poil le policier


Pas besoin de monter au créneau, de faire un polémique, un fromage ou un scandale.
Gardons l'esprit ouvert, nos enfants sont beaucoup moins guindés que nous. Prenons exemple !

A poil la maîtresse



Le petit mot des auteurs est parfait, je vous le livre. Tout sera dit.

«A poil», ça veut dire «tout nu». Et se mettre tout nu, c'est pas rien ! Quand on se déshabille, on se découvre, on se dévoile... on se sent gêné d'être tout nu comme un ver. «On voit ses fesses !» C'est la honte ! C'est souvent ce qu'on entend... Pourtant, si on y réfléchit, qu'on soit un bébé, un docteur ou une boulangère ; qu'on soit une fille, un garçon ou une vieille mémé ; qu'on soit petit, gros, bronzé ou poilu... on a tous des fesses, un nombril, un sexe et même des grains de beauté.

Avec ce livre, on a donc décidé d'apporter un regard décomplexé sur la nudité. 
Sur chacune des pages, est représenté un personnage ordinaire ou particulier, qui fait partie du quotidien ou de l'imaginaire des enfants, en train de se déshabiller. Les personnages peints existent mais ne posent pas. Nous les voyons se déshabiller, acte quotidien qui les met tous dans des positions cocasses... Le trait et la couleur proposent un regard sensible, chaleureux et réaliste qui ne se moque pas et accepte la diversité des corps.

Alors si on oublie tout ce qui nous gêne et que l'on met au placard tous les vilains complexes, qu'est-ce qu'on est bien tout nu ! Et tous ces personnages laissent joyeusement tomber leurs vêtements pour la même chose : le bonheur simple d'une baignade (tous à poil !) dans la mer.

Claire Pranek et Marc Daniau

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