Il y a des livres, vous les achetez parce que vous avez besoin de compléter une liste, un thème.
Vous n'êtes pas surs mais bon c'est l'occasion.
Un site, une vente, les livres ont l'air de bonne qualité, les prix sont intéressants.

Et puis une fois le carton ouvert, vous ne vous rappelez plus trop les choix que vous aviez fait des semaines avant et vous fouinez.
Et vous tombez sur un petit livre bleu dont la couverture est un peu trop mièvre à votre goût mais vous vous faites happer à la première ligne.

Enfin moi je me suis fait happer.

La mort est toujours un sujet délicat à aborder.
La mort d'un enfant encore plus.
Trouver l'équilibre entre émotion et mièvrerie.
Réalisme et ambiance glauque.

La vie sans moi

La vie sans moi de Agnès LESTRADE et Sylvie SERPRIX est un bijou de finesse et d'émotions.

On traverse cette tragédie aux côtés de cette adolescente qui vient de perdre son petit frère, son petit prince.
Et l'on vit la peine, l'éloignement, la colère.
Avec des mots simples, des phrases courtes et incisives, avec du quotidien, des petits faits douloureux, elle nous transmet sa douleur, son enfermement, cette absence d'elle-même.
Agnes LESTRADE nous fait vivre le deuil comme personne.

J'ai lu ce livre en un temps incroyablement court en regard de ce qu'il a pu me faire ressentir.
Je l'ai lu à voix haute parce que souvent je trouve plus facilement l'émotion.
Et cette fois-ci la voix m'a manquée.

Morceaux choisis ...
Quelques pépites au milieu du trésor.

"La vie sans toi, c'est la vie sans moi. Tout se confond.
Chaque jour, je respire. Parce que ça se fait tout seul.
Chaque jour, je me lève. Parce que maman me réveille.
Chaque jour, je mange parce que papa fait le repas.

Je suis morte, mais ça ne se voit pas tant que ça."

.....

"Comme si ça ne suffisait pas de te perdre, je les perds aussi.

Mes parents sont deux blocs de ciment.

Je peux les toucher. Pas les atteindre.
Ils peuvent m'écouter. Pas m'entendre.
M'enlacer. Mais leurs bras sont froids.
Ils sont là. Mais ils sont absents.

Le chagrin les a rendus étanches.

La mort n'est pas contagieuse.

Dommage."

....

"Ange, personne ne te remplacera. On ne remplace pas le petit prince.

Mais j'ai quinze ans et je veux vivre.

Je veux des rires dans la maison. Je veux de nouveaux pas."